Se spécialiser grâce au master professionnel Géographie et Aménagement
Par CCB SUIO le mardi 3 février 2009, 15:55 - Domaine Aménagement - Lien permanent
Doté de nombreuses applications professionnelles, l'aménagement offre des spécialisations variées. Dès la licence, les étudiants de l'université du Havre peuvent s'orienter vers l'aménagement. L'enseignement dispensé les prépare à intégrer un master dans les meilleures conditions possibles.
Le master Géographie et Aménagement propose deux spécialités qui sont en prise avec la réalité :
- Innovation et développement des territoires
- Ingénierie territoriale, urbanisme et politiques publiques
L’objectif de cette formation interdisciplinaire, qui associe la recherche académique et les milieux professionnels, est de former des professionnels de l’aménagement et de l’urbanisme dont le rôle est de participer, pour le compte des différentes catégories de maîtres d’ouvrage, à la définition, la mise en œuvre et la gestion des projets de développement durable des territoires, comme les éco quartiers par exemple.
Les diplômés issus du parcours recherche peuvent également poursuivre leur cursus en thèse à l’issue du master.
Master ? Pro ? Recherche ?
Le master est un cycle de spécialisation qui se fait en deux ans. Il implique un double choix qui repose sur le projet professionnel de l’étudiant.
Le premier choix concerne son orientation. Le master Aménagement de l’université du Havre propose une orientation recherche ainsi qu’une orientation professionnelle.
La spécialité « Innovation et développement des territoires » est un parcours recherche. C'est-à-dire qu’il intéresse plus particulièrement les étudiants qui souhaitent poursuivre leurs études en démarrant une thèse de doctorat. Ces étudiants visent en particulier la recherche ou l’enseignement supérieur mais il faut savoir que le parcours recherche offre également d’autres domaines d’insertion professionnelle.
La spécialité "Ingénierie territoriale, urbanisme et politiques publiques" est quant à lui le parcours professionnel de ce même master. Les « parcours pro » préparent à des fonctions de chargé d’études ou de chef de projet, dans le privé ou dans le public.
Alban Bourcier est le directeur du master Géographie Aménagement. Enseignant-chercheur à l’université du Havre depuis de nombreuses années, il se réjouit de l’émergence de la filière aménagement dans l’établissement. Très actif, et portant plusieurs casquettes à la fois, il nous parle du parcours professionnel de ce master, dont il s’occupe.
Nom : Alban Bourcier
Profession : Enseignant-chercheur, maître de conférences en géographie
Directeur du Master Géographie et Aménagement,
Créateur et responsable de la Licence professionnelle ATBV,
Vice-président du conseil d'administration Chargé des infrastructures et des systèmes d’information
Sa définition de l’aménagement
"Définir l’aménagement n’est pas chose aisée car en fonction de sa spécialité, chacun a sa propre définition.
Pour moi c’est l’ensemble des procédures d’équipement et de décision qui visent à développer et à planifier les territoires.
L’aménagement du territoire c’est tout un panel de compétences qu’il faut mettre au service des territoires de qualité. J’insiste surtout sur la notion d’équipement, parce que l’aménagement du territoire pour la plupart des gens c’est les autoroutes. Mais ça ce n’est qu’une partie de la dimension équipement : ouvrages d’art, routes, renouvellement urbain…Mais derrière cela, il y a la notion de décision, tout le processus avec les élus, tout ce qui relève des politiques publiques."
Le master
Le Master date de cette année. C’est une réussite parce que c’est une offre de formation qui met en complémentarité les spécialisations des collègues. Aujourd’hui notre préoccupation c’est de donner un niveau aux étudiants.
En deuxième année, dans le parcours professionnel, nous proposons 3 spécialisations qui sont "Transport et aménagement", "TIC et territoires", et "Urbanismes durable et gouvernance territoriale". Sur ces 3 spécialités, l’étudiant est obligé d’en choisir 2. Les spécialisations évitent que tout le monde soit en concurrence sur le même poste de recrutement plus tard. Nous essayons d’ouvrir sur tous les métiers de l’aménagement pour que les diplômés soient le moins possible en concurrence. De plus, si les étudiants suivent 2 spécialisations sur 3, ils ont déjà plus d’une corde à leur arc pour pouvoir postuler sur des emplois variés.
Ce master est résolument ouvert sur la stratégie territoriale, c’est d’ailleurs le sous titre du master. Mais ce qui est encore plus porteur ce sont les intitulés des parcours. Le parcours pro s’appelle "Ingénierie territoriale, urbanisme et politiques publiques". Ce sont là 3 mots clé qui correspondent aux 3 grands corps de métiers de ce que peut être l’aménagement du territoire de demain. Professionnellement parlant, nous avons vraiment ciblé.
En ce qui me concerne, je m’occupe du parcours professionnel. Je travaille plus en termes d’urbanisme, de politique publique. Nous avons essayé, avec la jeune équipe qui est là maintenant, d’ajouter la double compétence du développement durable. Le développement durable ça ne veut rien dire sauf si on l’amène comme un bagage supplémentaire à un métier. Nous essayons de faire de l’urbanisme durable, du développement durable des territoires.
C’est un petit peu la singularité de la formation havraise. Les autres universités font beaucoup d’urbanisme, nous on fait de l’urbanisme disons réglementaire en première année. En 2ème année on passe à l’urbanisme opérationnel. Toujours pendant cette 2ème année, mais avec une possibilité de spécialisation, on fait également de l’urbanisme durable. Donc en 30 heures de cours, on ajoute la compétence du développement durable appliqué à l’aménagement du territoire. Et c’est suffisamment rare sur la carte nationale de formations pour être souligné.
Nos étudiants de 5ème année (2ème année de master) sont formés à la décision, aux relations avec les élus. Tout ce qui est partenariat privé public, tout ce qui est politique publique, évaluation des politiques publiques et diagnostic de territoire. Là on est vraiment dans l’aspect décisionnel, dans une relation privilégiée avec les élus. Ce n’est pas simplement ce qu’on appelle l’ingénierie. On allie les deux, la décision et l’ingénierie de terrain.
Pour finir et pour distinguer nos deux parcours, je dirai que les étudiants en parcours professionnel sont formés à être force proposition. Pour l’être il faut déjà avoir une idée d’ingénierie de terrain, savoir ce qui se fait, quels sont les produits que l’on est capables de livrer, c’est quoi un produit fini.
En recherche il faut surtout identifier quelles sont les prospectives et les perspectives, quels vont être les besoins de demain et comment on va commencer à travailler pour que l’innovation se prépare aujourd’hui pour finalement que ce soit mus au point en laboratoire et ensuite enfin on peut le généraliser au niveau de la société. Les étudiants qui choisissent la voie de la recherche apprennent à être force d’innovation.
Contenu de la formation
La 1ère année de master est composée de 80% d’enseignements en commun entre les 2 parcours. Cela laisse à l’étudiant une année supplémentaire pour faire son choix. Les 20% restant étant des enseignements de spécialisation.
Ce n’est pas forcément pénalisant si en M1 un étudiant avait choisi le parcours recherche et qu’en M2 il décide finalement de faire le parcours pro.
Découvrez le détail des enseignements pour les deux années du master en lisant la fiche pédagogique.
"La professionnalisation en M2, à bac+5, ce n’est plus du THQ (technicien hautement qualifié), mais du niveau ingénieur, cadre territorial. Il est bien dommage qu’avec le LMD on ait fait disparaître un niveau d’embauche qui était bien identifié et qui était la maîtrise avec un bac+4."
"Jusqu’en 2003, beaucoup d’étudiants s’arrêtaient à bac+4 et étaient embauchés de suite. Ça arrive encore, mais c’est rare. L’an dernier, seulement 2 étudiants ont arrêté en première année de master parce qu’ils avaient été embauchés dans la structure dans laquelle ils avaient fait leur stage. C’est vraiment très bien pour eux, c’est quand même de l’insertion professionnelle. Mais même si on peut voir cela comme un abandon en cours de route, il n’est pas exclu que ce type de personnes reprennent une 5ème année un peu plus tard, par le biais de la formation continue, afin de se spécialiser et de faire évoluer leur carrière en accédant à des postes plus importants."
Profil de l’étudiant en master
L’admission en master se fait sur dossier de candidature, pour les deux années. Pour la première année il y en plus des pré-requis :.sont admis les étudiants issus de licences disciplinaires ou pluridisciplinaires en aménagement, géographie, histoire, sociologie ou AES. Monsieur Bourcier précise que le recrutement ne se fait en fonction des places disponibles, mais surtout en fonction de la motivation du candidat.
Il ajoute : "Les étudiants qui s’inscrivent dans ce master sont des gens qui sont compétents, efficaces et qui deviennent performants. C’est ce que je recherche quand les gens sortent de notre formation, c’est le niveau."
Mais en plus des étudiants directement issus de licence, il se dégage un autre public.
Alban Bourcier : "Des personnes, dans le cadre d’un congé de formation, reprennent des études soit pour se réorienter, soit pour se faire confirmer. On a également des gens qui viennent des collectivités territoriales pour faire valider des acquis, ils veulent être reconnus à un niveau de compétences qui est celui qu’ils auraient s’ils avaient suivi le cursus universitaire."
"Les gens qui viennent de licence pro et qui accèdent au master, sont en général d’un très bon niveau. De plus, ils ont déjà effectué un stage professionnel de 3 mois, et cela les rend beaucoup plus mûrs. Il est vrai que certaines universités demandent aux titulaires d’une licence pro qui veulent intégrer un master, de refaire une 3ème année générale. Personnellement, j’estime qu’une licence pro est une licence et à ce titre, si le candidat est très bon, je ne vois pas pourquoi je lui fermerais les portes du master. Chaque candidature est examinée. On peut dire oui, mais on peut aussi dire non. Par contre, si un candidat refusé en master vient me demander un conseil, et qu’il veut à tout prix poursuivre ses études, alors oui, je lui conseillerais de refaire une L3 générale."
Compétences acquises dans la formation
« Les diplômes du master sont des gens qui ont été capables de transformer leurs connaissances en compétences, qui sont force de proposition mais qui sont également capables de tempérance. N’oublions pas qu’une fois insérés professionnellement ils sont en contact permanent avec l’élu, qui est quelqu’un dont il faut ménager la susceptibilité.
Ce sont des personnes capables de prolonger leur déclaration d’intention par des actions. Parce que c’est ce à quoi ils sont formés. Ils font de l’assistance à maîtrise d’ouvrage, ils font ce qu’on appelle de la "déclinaison de programmes d’action". Plus que des médiateurs, ce sont des facilitateurs dans la politique publique d’aujourd’hui.
Je pense que ce sont des gens qui sont à la charnière de compétences variées et comme ils sont capables d’intégrer la rationalité de tout le monde, ils peuvent être les conseillers privilégiés des élus.
Beaucoup de mes anciens étudiants sont devenus ça, bien sûr 10 ans après, c’est une carrière qui évolue, qui se construit. Mais aujourd’hui ce sont des professionnels éclairés qui travaillent en tant qu'experts dans le conseil et dans l’accompagnement, de ceux qui sont amenés à prendre de grandes décisions. »
Devenir des anciens étudiants
"Je suis toujours en contact avec beaucoup de mes anciens étudiants. Ils se moquent de mon salaire. Parmi eux il y a : un "manager grand projet de ville" ; il y a des gens qui sont dans les grandes opérations de renouvellement urbain, quartier Saint Nicolas par exemple."
Certains travaillent dans les services déconcentrés de l’Etat : cadre dans la direction départementale des infrastructures, maintenant ça s’appelle la direction départementale des routes (DDR) qui est en charge de tout ce qui est entretien et optimisation du réseau de route, études environnementales.
Un autre travaille aux Voies Navigables de France, ce sont des gens qui doivent faire la promotion de l’emploi du fluvial comme mode de transport privilégié. Cette personne a d’abord travaillé au Port Autonome de Paris et finalement, des années après est revenue au Havre pour mettre en place l’agence locale des Voies Navigables de France.
Un autre de mes étudiants est dans le Nord de la France, il s’occupe, au sein d’un parc naturel régional, de la gestion environnementale et paysagère du site. Un autre est devenu quant à lui gérant d’un bureau d’études en Aménagement et Urbanisme
Je n’en connais aucun qui ait raté sa vie professionnelle
Ce master est structuré de manière à répondre favorablement aux prérogatives actuelles de l'urbanisme et de l'aménagement et fait la promotion d'une vision partagée entre formateurs, professionnels et donneurs d'ordre.
Pour avoir une idée des métiers que vous pouvez exercer à l'issue de ce diplôme; consultez le dossier "La filière Aménagement".
